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Location of sampling sites, sample sizes, and administrative states and regions of Myanmar, and a relief map of southeast Asia Red circles show numbers of patients in each region.

Un groupe de chercheurs internationaux confirme la présence de parasites résistants aux médicaments antipaludiques en Birmanie

20 February 2015

Une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases signale que la propagation de la résistance à l'artémisinine semble suivre la même route historique que la résistance aux anciens médicaments antipaludiques

Au cours des 12 derniers mois, des rapports ont montré que cette résistance à l'artémisinine n'est plus limitée à la zone initiale, sur la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, mais qu'elle est désormais fermement établie dans de nombreuses parties de la région du Mekong.

Une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases signale que la propagation de la résistance à l'artémisinine semble suivre la même route historique que la résistance aux anciens médicaments antipaludiques de premières lignes tels que chloroquine et sulfadoxine/pyriméthamine.

L'équipe de chercheurs, menée par les Drs Kway Tun et Charles Woodrow, confirme que la résistance est établie en Birmanie de l'ouest vers la frontière avec l'Inde.

La propagation potentielle, un peu plus vers l'ouest, de la résistance à l'artémisinine, le médicament contre le paludisme le plus communément utilisé, met en grand danger la lutte mondiale contre le paludisme. Si la résistance se propage d'Asie au continent africain, ou émerge d'une manière indépendante en Afrique, comme nous l'avons vu plusieurs fois dans le passé, des millions de gens atteints de paludisme pourraient être exposés à un risque d'échec thérapeutique.

"On considère que la Birmanie est sur la ligne de front du combat contre la résistance à l'artémisinine car elle constitue la porte par laquelle la résistance peut se répandre au reste du monde », affirme le Dr Charles Woodrow du Mahidol-Oxford Tropical Medicine Research Unit (MORU), auteur confirmé de l'étude à l'université d'Oxford. « Avec les artémisinines, nous sommes dans une position curieuse : nous disposons de marqueurs moléculaires de la résistance avant que cette dernière ne se soit propagée mondialement. Plus nous comprenons la situation actuelle dans les régions frontalières, mieux nous serons prêts à adapter et exécuter les stratégies visant à surmonter la propagation d'autres résistances médicamenteuses.

En utilisant des échantillons d'ADN paludique collectés dans les centres de Birmanie et des régions frontalières, l'équipe de recherche a montré que près de 40 % des parasites responsables du paludisme, isolés près de la frontière nord-ouest avec l'Inde, portent des mutations dans des régions spécifiques du gène kelch (K13), connues comme étant des marqueurs génétiques de la résistance aux antipaludiques dans la région du Mékong.

L'équipe WWARN de modélisateurs mathématiques a travaillé avec les équipes de recherche en Asie pour développer des modèles de carte prédictifs. Leurs résultats de modélisation suggèrent que la prévalence de ces mutations dans la population de parasites paludiques pourrait atteindre dix pour cent dans les secteurs du nord et de l'est de la Birmanie. Ces informations sur la résistance aux antipaludiques, obtenues quasiment en temps réel, permettent de mieux prédire les zones où les parasites résistants pourraient prochainement émerger ou se propager. Les données pourraient être aussi utilisées pour orienter les stratégies d'intervention auprès des patients utilisées par les programmes de santé nationaux et les organisations non gouvernementales.

« L'identification des marqueurs de résistance K13 a transformé notre capacité à contrôler la propagation et l'émergence de la résistance à l'artémisinine », explique le Dr Eric Grist, modélisateur mathématique et coauteur de l'étude. « Nos cartes soulignent le rythme alarmant auquel la résistance à l'artémisinine se répand ou émerge. Nous espérons continuer à collaborer avec les collègues pour partager nos données et adapter ou modifier nos approches de modélisation, soutenant ainsi les efforts de surveillance régionaux et nationaux ».

De même, il devient essentiel d'améliorer l'efficacité des thérapies à base d'artémisinine grâce à des ajustements des schémas posologiques, surtout pour les groupes de patients vulnérables comme les enfants et les femmes enceintes. Ceci aidera à prolonger la durée de vie de ces médicaments importants et minimisera l'impact sur la vie des malades, tout en ralentissant potentiellement la poursuite de la propagation ou de l'émergence de la résistance aux antipaludiques.

Bientôt en ligne : WWARN lancera un nouveau outil de cartographie pour le K13 Molecular Surveyor d'ici 2-3 semaines. Visitez notre site en avril pour voir l'outil en ligne.

Détails de la publication : Tun et al. Spread of artemisinin-resistant Plasmodium falciparum in Myanmar: a cross-sectional survey of the K13 molecular marker. Lancet Infectious Diseases. Publié en ligne le 20 février 2015. DOI:10.1016/S1473-3099(15)70032-0