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L’atelier Newton favorise l’excellence en recherche clinique sur les maladies liées à la pauvreté

27 February 2018

Après avoir rassemblé 44 professionnels de la recherche clinique issus de 20 pays dont l'objectif commun est d'améliorer la qualité de leurs données, les coordonnateurs de l’atelier Newton à Nairobi ont fait part de leur souhait de pouvoir organiser des sessions similaires à l'avenir. Elles permettent en effet de fournir les compétences et les réseaux nécessaires pour mieux orienter le traitement des maladies infectieuses liées à la pauvreté, en particulier en Afrique.

L’objectif de l’atelier — cofinancé par le programme Newton Researcher Links du British Council, TDR et WWARN — était d’aider les chercheur(e)s en début ou milieu de carrière, les gestionnaires de données et les statisticien(ne)s à produire des données cliniques de grande qualité capables de maximiser l’impact des premiers résultats. L’atelier s’est déroulé du 23 au 26 janvier et a réuni des spécialistes en génération et organisation de données et en méta-analyses qui ont partagé leurs expériences et ainsi pu apprendre les uns des autres.

L’atelier, un partenariat entre des établissements de recherche du Kenya, d’Afrique du Sud et du Royaume-Uni, a rassemblé 26 professionnels de ces pays, plus 17 participants supplémentaires venus d’ailleurs et financés par TDR, le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, et WWARN. Les intervenants de WWARN et d’autres organisations ont présenté les concepts clés, y compris la façon dont les données sont obtenues, enregistrées, organisées et analysées. Les participants ont ensuite navigué à travers une série d'exercices sur la normalisation des données, la construction d'une base de données et les analyses statistiques.

« Ce fut un groupe exceptionnel, géographiquement et professionnellement diversifié, engagé à acquérir les compétences nécessaires pour faire plus avec les données cliniques », a déclaré Lesley Workman, coordonnatrice scientifique du groupe de pharmacologie clinique de WWARN et basée à l'Université du Cap, qui a dirigé les efforts de financement de l’atelier Newton et planifié son contenu. « Nous avons été très impressionnés. »

« En travaillant à travers plusieurs disciplines avec des niveaux d’expérience différents, les participants ont discuté de l’importance de la gestion des données et des meilleures pratiques statistiques appliquées à un large éventail de maladies tropicales négligées », a ajouté le professeur Guérin, directeur de l’Observatoire des données sur les maladies infectieuses (IDDO) à l’université d’Oxford, qui, avec la professeure Karen Barnes de l’université du Cap et le professeur Bernhards Ogutu de l’université de Strathmore à Nairobi, ont coordonné l’atelier.

Le professeur Ogutu de l’université de Strathmore, hôte officiel de l’évènement, a convenu que les futurs ateliers pourraient répondre à un besoin important. Au cours d’une présentation donnée dans le cadre de l’atelier, il a mentionné le manque de capacités d’analyse statistique en Afrique.

« Parce que le nombre d’essais cliniques menés en Afrique a fortement augmenté ces dernières années, il est clair qu’il y a beaucoup plus de travail à faire pour recueillir, organiser, stocker et analyser ces informations », a confié le Prof Ogutu à WWARN. « Nous espérons que des ateliers comme celui-ci serviront de catalyseur pour plus d’actions ».

Les trois coordinateurs ont évoqué leur propre expérience de travail avec les données.

« On n’investit jamais suffisamment dans la qualité des données. Des réseaux comme WWARN fournissent une plate-forme idéale pour le partage des compétences et des outils indispensables à la gestion des données comme l’a démontré cet atelier emblématique », a déclaré Prof. Barnes aux participants lorsqu’elle décrivait son parcours personnel qui l’a conduite de l’élaboration des politiques à la recherche clinique et de la conduite d’études individuelles au partage de ses données avec d’autres. Elle a mis l’accent sur certains avantages du partage des données, notamment le stockage sécurisé à long terme et la capacité des données individuelles regroupées à augmenter la puissance statistique des études et à tester de nouvelles hypothèses — même plusieurs années après la conduite des premières études.

Des gestionnaires de données sont également intervenus, notamment Lesley Workman et Michael Otieno de l’Initiative Drugs for Neglected Diseases (DNDi) (médicaments pour les maladies négligées) et Kalynn Kennon, qui a montré aux participants comment utiliser les protocoles du Consortium sur les normes d'échange de données cliniques (CDISC) et REDCap, un logiciel de création de base de données.

M. Otieno a évoqué les meilleures pratiques en gestion des données, y compris le développement, la conception et l’exécution de cahiers d’observation — un outil essentiel utilisé par les promoteurs d’essais cliniques pour enregistrer les informations de chaque patient participant.

« Maintenir une approche claire, concise et cohérente en ce qui concerne les cahiers d’observation permet de gagner du temps et d’augmenter vos chances de succès plus tard », a expliqué M. Otieno, également collaborateur de WWARN qui a contribué au financement de l’atelier par TDR.

Le dernier jour de l’atelier a porté sur les statistiques, avec des présentations du Dr Kasia Stepniewska, à la tête du département Statistiques à WWARN, et du Dr Raymond Omollo, responsable du Centre de données de DNDi.

Les participants ont exprimé leur reconnaissance de l’opportunité qu’il leur a été donnée de développer leurs compétences et leur réseau. Dr Chester Kalinda, un post-doctorant en santé publique à l'université de KwaZulu-Natal à Durban, en Afrique du Sud, a déclaré avoir été marqué par la discussion sur la réutilisation des données au-delà de l’analyse primaire et pourquoi c’est important, ainsi que par les démonstrations pratiques de REDCap, qu’il a qualifiées de très utiles.

« Ces ateliers ne sont pas seulement importants mais extrêmement importants », a déclaré Dr Kalinda, qui estime que ce genre d’événement favorise la communication entre chercheurs réduisant ainsi les redondances et encourageant de nouvelles pistes de réflexion. Il a ajouté que des ateliers ultérieurs organisés un peu partout en Afrique auraient un immense impact. « En fonction des ressources disponibles, ce serait merveilleux d’organiser ces ateliers dans des régions permettant à davantage de personnes de participer. »

Carole Khairallah, gestionnaire de donnée à la Liverpool School of Tropical Medicine, a également fait l’éloge des compétences qu’elle a pu acquérir ainsi que de l’environnement de travail, de taille réduite, qui lui a permis de les assimiler.

« J’ai appris de nouvelles compétences et découvert de nouveaux outils que j’utiliserai certainement à l’avenir » a déclaré Mme Khairallah, soulignant en particulier les protocoles CDISC et REDCap. « Nous avons pu questionner les « experts » qui ont été très disponibles : pour moi, c’était la véritable valeur ajoutée de cet atelier.

Le Prof Rashad Abdul-Ghani, qui mène des travaux de recherche en parasitologie médicale et moléculaire à l’université de Sana'a au Yémen, a souligné que de futurs ateliers pourraient rendre des services essentiels. « Je pense qu’il y a un énorme besoin en ateliers similaires menés au service de la santé publique et mondiale par le biais du partage de données », a expliqué le Prof. Abdul-Ghani.

Selon les coordonnateurs de l’atelier, la planification d’autres ateliers semblables dépendra du financement. En attendant, WWARN continuera à tenir des sessions plus courtes sur la normalisation des données lors des grandes conférences, notamment celle prévue à l’occasion de la réunion 2018 de l’Initiative multilatérale sur le paludisme (MIM).