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CCOAT’s Dr Kagoro and Mr Mabuza training malaria case investigators

La surveillance régulière des données peut servir de système d'avertissement précoce d’une résistance aux antipaludiques dans les zones de pré-élimination en Afrique

23 September 2022

Une nouvelle étude WWARN, à découvrir dans Malaria Journal, la première étude de ce type jamais publiée, a créé des cartes en quasi temps réel pour appuyer la surveillance de la résistance aux antipaludiques à l'aide de données de surveillance de routine et de données individuelles corrélées sur les marqueurs moléculaires de la résistance aux antipaludiques.

Sur une période de deux ans, de mars 2018 à février 2020, des chercheurs ont réuni et évalué les changements spatiotemporels des marqueurs moléculaires de résistance aux antipaludiques dans une zone d'Afrique du Sud en pré-élimination. Ces chercheurs appartenaient aux établissements suivants : Collaborating Centre for Optimising Antimalarial Therapy (CCOAT) de l'Université de Cape Town ; National Institute for Communicable Diseases (NICD) d'Afrique du Sud ; Mahidol Oxford Tropical Medicine Research Unit (MORU) et le WorldWide Antimalarial Resistance Network (WWARN). Dans le cadre de cette étude, ils ont cartographié la corrélation en temps quasi réel des données issues des profils individuels de patients résistants aux antipaludiques avec les notifications de cas et les rapports sur la réponse au traitement, et ce, afin d'éclairer la prise de décisions. Les chercheurs ont pu améliorer la corrélation entre le segment démographique des cas individuels de paludisme de routine et les données moléculaires jusqu'à 75 % dans le sous-district de Nkomazi, Mpumalanga. Si cette étude pilote réussie était appliquée à plus grande échelle, elle pourrait servir de système d'avertissement précoce pour mieux surveiller rapidement et efficacement la résistance aux antipaludiques et pour identifier les zones nécessitant un complément de recherche et d'interventions. Les outils développés au cours de ce projet ont rejoint les plus de 120 outils et ressources disponibles sur le site Web de WWARN.

Le premier auteur, Dr Frank Kagoro, doctorant à CCOAT et WWARN, a déclaré : « La surveillance robuste de la résistance aux médicaments est un défi de taille. Nous avons pu augmenter la précision de la collecte des coordonnées GPS des ménages où des cas de paludisme avaient été notifiés, de 48 % au début de l'étude à 89 %, afin de créer des cartes de prévalence en temps quasi réel des marqueurs de la résistance aux médicaments antipaludiques. Les plus grandes améliorations des mesures de surveillance étudiées ont été observées à la suite d’une supervision sur site et ont été maintenues à un niveau modérément élevé pendant plus de six mois après la dernière visite de supervision sur site. »

 

« Les leçons que nous avons tirées de cette étude pourraient éclairer la mise à l’échelle des programmes nationaux et régionaux d’élimination du paludisme, et pourraient être pertinentes pour d’autres initiatives de surveillance de la résistance aux antimicrobiens », a expliqué Pr Karen Barnes qui a supervisé cette étude. 

Malaria case investigators receiving an in-class training on usage of GPS devices and capturing location information in Nkomazi sub-district, Mpumalanga 

Malaria case investigators receiving an in-class training on usage of GPS devices and capturing location information in Nkomazi sub-district, Mpumalanga

Dr Jaishree Raman, co-superviseur du NICD, a ajouté : « Cette utilisation des données de surveillance de routine pour suivre la résistance aux médicaments antipaludiques s’est avérée durable. Bien qu’aucune mutation kelch-13 n’ait été détectée au cours de l’étude pilote, nous avons depuis détecté 14 mutations kelch-13 aux codons 494, 509, 578, 605, 613, 651, 678 et 706. Bien qu’aucune de ces mutations n’ait été associée à une clairance parasitaire réduite, leur présence est un indicateur de la pression médicamenteuse sur l’artéméther-luméfantrine dans la région et des chances accrues de survie des mutations dans une population parasitaire à la diversité limitée ».

Distribution of confirmed malaria cases and molecular markers of artemisinin and lumefantrine drug “resistance” in Nkomazi sub-district, Mpumalanga (March 2018–February 2020). Distribution of P. falciparum malaria cases by 5 × 5 km grid, artemisinin Plasmodium falciparum k13 (left) and lumefantrine (right) mdr186ASN/crt76LYS molecular markers of “resistance”, denoted by their susceptibility

Distribution des cas confirmés de paludisme et des marqueurs moléculaires de la « résistance » à l’artémisinine et à la luméfantrine dans le sous-district de Nkomazi, Mpumalanga (mars 2018-février 2020). Répartition des cas de paludisme à P. falciparum selon une grille de 5 × 5 km, marqueurs moléculaires mdr186ASN/crt76LYS sur Plasmodium falciparum k13 de « résistance » à l'artémisinine (à gauche) et luméfantrine (à droite), désignés selon leur susceptibilité

 

Lire l’article complet, Making data map worthy enhancing routine malaria data to support surveillance and mapping of Plasmodium falciparum antimalarial resistance in a pre-elimination sub-Saharan African setting: a molecular and spatiotemporal epidemiology study

 

À propos de WWARN

Depuis 2009, le réseau Worldwide Antimalarial Resistance Network (WWARN) élabore des outils innovants et fournit à la communauté de lutte contre le paludisme des données probantes fiables sur les facteurs affectant l'efficacité des médicaments antipaludiques. Dans le domaine des maladies infectieuses liées à la pauvreté, les données sont rares et dispersées dans différentes institutions à travers le monde. WWARN regroupe et normalise les données individuelles des patients (IPD) anonymisées, provenant de nombreux essais et études conduites dans les différentes régions endémiques, pour qu'elles soient harmonisées et analysées comme un jeu de données unique, augmentant ainsi la puissance statistique nécessaire pour répondre aux questions clés que se posent les équipes de recherche sur le paludisme.

 L'organe d'archivage de WWARN contient plus de 200 000 IPD. Il partage largement ses données avec les décideurs et les futurs chercheurs du monde entier pour que les connaissances continuent de progresser et pour renforcer nos pratiques fondées sur les données probantes. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : info [at] wwarn [dot] org.