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Photo Bengal India (c) UN Women/ Anindit Roy Chowdhury

Des cas de paludisme à Plasmodium falciparum résistant à l’artémisinine dans l’est de l’Inde

22 January 2019

Das et ses collègues ont publié dans le New England Journal of Medicine de novembre 2018 une étude menée en 2013-14 dans la région du delta du Gange inférieur, dans l’état du Bengale occidental en Inde, au cours de laquelle 5 patients sur 136 ont affiché une clairance parasitaire lente après un traitement standard de 3 jours avec SP-artésunate. Dans un article ultérieur publié dans le CID, le même groupe a rapporté les résultats d'une étude – réalisée entre 2014 et 2016 dans la même région – durant laquelle 15 patients sur 226 affichaient une clairance parasitaire prolongée : 13 d’entre eux étaient porteurs de la mutation G625R et les deux autres de la mutation R539T. 

Sabyasachi 

Das et ses collègues ont publié en novembre 2018 une lettre intitulée « Evidence of Artemisinin-Resistant Plasmodium falciparum Malaria in Eastern India » (Données probantes montrant des cas de paludisme à Plasmodium falciparum résistant à l’artémisinine dans l’est de l’Inde).

La lettre résume une étude de 2013-2014 – menée dans la région du delta du Gange inférieur dans l’état du Bengale occidental en Inde – durant laquelle 5 patients sur 136 ont affiché une clairance parasitaire lente après un traitement standard de 3 jours avec les antipaludiques SP-artésunate. Les parasites de ces 5 patients étaient tous porteurs d’une mutation dans la région à propeller de pfk13. Pour quatre d’entre eux, il s’agit de la mutation G625R qui n'avait pas encore été rapportée comme étant associée à une résistance à l'artémisinine. Le 5e patient étant porteur de la mutation R539T. C’est inquiétant car les parasites porteurs de la mutation R539T ont été associés à une clairance parasitaire prolongée après une ACT au Cambodge et dans la partie orientale du Bassin du Mékong.  

Dans un article publié ultérieurement en décembre 2018 dans CID, le même groupe a rapporté de manière détaillée les résultats d'une étude menée entre 2014 et 2016 dans la même région. Dans cette étude, 15 patients sur 226 affichaient une clairance parasitaire prolongée. Parmi ceux-ci, 13 étaient infectés par des parasites porteurs de la nouvelle mutation G625R et 2 par des parasites porteurs de la mutation R539T connue pour être associée à la clairance parasitaire lente. Les cinq patients porteurs des mutations R539T avaient travaillé au Cambodge pendant les 15 jours avant l'inclusion dans l'étude, ce qui suggère l'introduction de souches résistantes.

Philippe Guérin, directeur de WWARN, ajoute : « Il est urgent de procéder à une étude approfondie d’isolats actuels provenant de la région du Bengale occidental afin de déterminer si ces génotypes particuliers se sont propagés dans la population parasitaire depuis 2016. Ces résultats sont inquiétants car ils pourraient indiquer une expansion ou une émergence de la résistance à l'artémisinine vers l'ouest, et, dans tous les cas, menacer le contrôle du paludisme en Inde et ailleurs. »

Consulter la lettre dans le NEJM : Evidence of Artemisinin-Resistant Plasmodium falciparum Malaria in Eastern India. November 15, 2018. New England Journal of Medicine

Consulter l'article dans CID: Das et alNovel pfkelch13 gene polymorphism associates with artemisinin resistance in eastern India. 9 December 2018. Clinical Infectious Diseases.