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Collaboration pour le suivi de la résistance à l’artémisinine (TRAC)

Le projet étudie la progression de la résistance parasitaire aux traitements à base d’artémisinine, dans des centres situés à la frontière Thaïlande-Myanmar et au Cambodge.

Lancé en janvier 2011, le projet Collaboration pour le suivi de la résistance à l’artémisinine (Tracking Resistance to Artemisinin Collaboration, TRAC) étudie la progression de la résistance parasitaire aux traitements à base d’artémisinine, dans des centres situés à la frontière Thaïlande-Myanmar et au Cambodge. Les chercheurs étudient les aspects cliniques, moléculaires, pharmacocinétiques et socio-économiques de la résistance à l’artémisinine dans 15 centres répartis à travers l’Asie et dans deux endroits en Afrique. Les recherches simultanées axées sur la lutte antivectorielle et les problèmes de demande visent à combler les lacunes en matière de connaissances et contribuent à la planification des prochaines étapes en réponse à la résistance à l’artémisinine.  

Gestion et bénéficiaires des subventions

Le TRAC est un projet sur trois ans, financé grâce à une subvention octroyée par le département du développement international du gouvernement britannique (DFID). Liste des partenaires : le programme de recherche en médecine tropicale de l’unité Mahidol-Oxford (MORU) ; la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM) (école londonienne d’hygiène et de médecine tropicale) ; la Liverpool School of Tropical Medicine (LSTM) (école de médecine tropicale de Liverpool) ; le WHO Global Malaria Programme (Programme mondial de lutte antipaludique de l’OMS) ; et le Réseau international sur la résistance aux antipaludiques (WWARN). Le professeur Nicholas J. White est l’investigateur principal, tandis que le projet est coordonné par Dr Elizabeth Ashley. Les résultats préliminaires sont attendus en novembre 2012.

Un centre de gestion des échantillons dépendant de l’Université de Mahidol (Bangkok) et géré par le réseau WWARN, archive les échantillons cliniques émanant des études de surveillance et des essais cliniques, y compris le projet TRAC. Le Comité de direction du groupe dédié aux marqueurs moléculaires, présidé par le professeur Christopher Plowe, renseignera les collaborateurs et investigateurs appartenant à la communauté de lutte contre le paludisme sur la distribution des échantillons du TRAC, afin que ces derniers mènent des recherches approfondies pour identifier les marqueurs moléculaires de la résistance à l’artémisinine, ou pour effectuer des essais in vitro axés sur le phénotype de la résistance.  

Activités

Le projet a quatre objectifs :

1.Recherche clinique

Les données et les échantillons collectés dans les centres d’étude détermineront si la résistance à l’artémisinine s’est propagée au-delà de la Thaïlande et du Cambodge, via l’identification des sites où la clairance parasitaire est lente. 

Les patients atteints de paludisme à falciparum aigu sont randomisés avec 3 jours de traitement à l’artésunate par voie orale, 2 mg/kg ou 4 mg/kg et par jour. La parasitémie est mesurée toutes les six heures jusqu’à ce que le taux soit négatif. L’artésunate est suivi du traitement standard à l’ACT utilisé sur site. Des échantillons sanguins sont également extraits pour un stockage des ARN et ADN parasitaires, une cryopréservation des parasites et une mesure des taux plasmatiques d’artésunate et de dihydroartémisinine. 

Diverses approches complémentaires ont pour but d’identifier les marqueurs moléculaires et les mécanismes de résistance (dont le génotypage de marqueur sur un volontaire), les études d’association pangénomique, les études sur les signatures de sélection, le profilage transcriptionnel et l’analyse des métabolites. Les parasites sont cryopréservés pour être répertoriés, de manière à ce que d’autres chercheurs puissent étudier tout phénotype de résistance, identifier les biomarqueurs de résistance pouvant être utilisés comme outils de surveillance (dont les marqueurs moléculaires) et essayer d’identifier les mécanismes de résistance. 

En tant que partenaire clé, le réseau WWARN est responsable de ces activités, qui sont coordonnées par le groupe moléculaire de WWARN et le Centre régional pour l’Asie, et en étroite collaboration avec l’unité de recherche Mahidol-Oxford (Bangkok, Thaïlande).

  • Administration du centre de gestion des échantillons
  • Gestion des données et harmonisation des analyses
  • Formation et programme de tests de compétences en laboratoire, et procédures cliniques
  • Développement de procédures pour la collecte et la conservation des échantillons en vue d’une analyse moléculaire, dont celle des ARN et ADN parasitaires : formation à leur manipulation
  • Évaluations des centres d’étude
  • Hébergement du forum sur la communication et les banques de documents des chercheurs du projet TRAC
  • Coordination et rapports du Comité de direction du groupe dédié aux marqueurs moléculaires

2.Facteurs de demande  

Dirigées par la LSHTM, les études épidémiologiques évaluent les facteurs de demande sur les sites cliniques sélectionnés, y compris au moyen d’enquêtes sur la qualité et la disponibilité des antipaludiques. 

  • Les épisodes de maladie et comportements nécessitant un traitement sont étudiés au Cambodge. Une étude épidémiologique et comportementale a permis de relever et de cartographier les zones et sites où les patients sont plus susceptibles d’avoir été infectés. Cette dernière fournira des informations sur les facteurs de risque des patients touchés par le paludisme, dont les principales zones de transmission, les comportements nécessitant un traitement, et viendra compléter les résultats des essais cliniques.
  • En collaboration avec ACTwatch - Cambodge, des échantillons d’antipaludiques et de « cocktails médicamenteux » ont été collectés lors d’une enquête nationale menée auprès des laboratoires. La qualité et la disponibilité des médicaments, y compris les monothérapies à l’artémisinine, seront évaluées sur tous les autres sites cliniques du projet TRAC.
  • Pour appréhender la demande dans le contexte de l’utilisation et la résistance des antipaludiques, une revue politico-économique fournit un cadre d’analyse qui identifie les zones d’intervention politique. 
  • Une carte à plusieurs niveaux présentant les taux de paludisme, les systèmes de santé et les migrations de populations au Cambodge est en cours de développement, en partenariat avec Partners for Development (PFD), le Centre national cambodgien de lutte contre le paludisme (CNM), Population Services International (PSI), la Clinton Health Access Initiative (CHAI), l’OMS et d’autres partenaires. 

3.Lutte antivectorielle  

  • Centrées sur le Cambodge, les enquêtes sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides à efficacité durable (LLIN) seront complétées par une étude entomologique menée à Pramoy (province de Pursat), où la résistance à l’artémisinine est répandue. Dirigées par la LSTM, l’objectif est d’évaluer l’abondance des espèces porteuses du paludisme, la répartition locale et la variation saisonnière sur une année complète. Différentes méthodes d’échantillonnage seront évaluées. L’étude fournira des données sur l’infectiosité et la résistance aux insecticides des espèces de moustiques. 
  • Des études sur les nouvelles interventions en matière de lutte antivectorielle, menées en parallèle aux enquêtes entomologiques, révéleront aux essais menés à plus grande échelle l’une ou plusieurs de ces interventions, y compris un dispositif offrant une protection contre les moustiques dans un espace défini, un nouveau spray répulsif ayant recours à la technologie agricole et utilisé avec succès pour éradiquer les insectes nuisibles des grands vergers, et des vêtements et hamacs traités à l’insecticide.

4.L’OMS et le projet TRAC

Le programme mondial de lutte contre le paludisme de l’OMS a fourni à l’étude, de l’artésunate à partir d’un lot de qualité garantie, ainsi que des ACT pour les sites du Laos et de Myanmar.