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Le paludisme pendant la grossesse. Photo : LSTMH

Nouveau groupe d’étude lancé pour déterminer les effets de la grossesse sur la pharmacocinétique de la pipéraquine

6 December 2018

Les candidatures sont ouvertes pour participer à un nouveau groupe d’étude sur la Pharmacocinétique de la pipéraquine pendant la grossesse. Par l’analyse, nous espérons pouvoir déterminer les conséquences de la grossesse sur les propriétés pharmacocinétiques de la pipéraquine et fournir des preuves permettant d’éclairer les décisions sur l’utilisation et le dosage optimal de la pipéraquine chez la femme enceinte. 

Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables au paludisme, avec chaque année, plus de 120 millions de grossesses survenant dans des zones à transmission de P. falciparum ou P. vivax. Le paludisme pendant la grossesse est une cause importante de morbidité et de mortalité maternelles et néonatales, en partie en raison des changements physiologiques qui se produisent pendant la grossesse. Ceux-ci peuvent influer sur la pharmacocinétique de la plupart des médicaments, ce qui entraîne souvent une diminution des concentrations de médicaments et donc un risque accru d’échec thérapeutique.

Les thérapies combinées à base d’artémisinine (ACT), en traitement de première intention, sont recommandées par l’OMS pour le paludisme à Plasmodium falciparum non compliqué chez les femmes enceintes dans leur deuxième et troisième trimestres. La combinaison dihydroartémisinine-pipéraquine (DP) à dose fixe sur 3 jours est l’une des cinq ACT actuellement recommandées. La DP est aussi recommandée pour le traitement préventif intermittent (TPI) du paludisme pendant la grossesse selon les directives de l’OMS.

Toutefois, les propriétés pharmacocinétiques de la pipéraquine chez la femme enceinte sont contradictoires : certaines études rapportent des expositions à la pipéraquine inchangées, tandis que d’autres font état d’une clairance élevée de la pipéraquine avec pour conséquence une exposition totale diminuée chez la femme enceinte avec et sans paludisme.

Joel Tarning,  chef de la modélisation pharmacocinétique de WWARN, confirme : « Le groupe d’étude Pharmacocinétique de la pipéraquine pendant la grossesse souhaite analyser de nombreuses données individuelles de patientes, avec plus de 1 000 femmes enceintes et femmes non enceintes réparties de manière équilibrée, en Asie et en Afrique, afin de gagner en clarté, guider les directives de traitement et favoriser la mise en œuvre d’autres essais cliniques. »

Les chercheurs participants recevront des informations concernant une analyse préliminaire sur un total de 1 511 femmes (1 291 enceintes/220 non enceintes, 1 062 sous traitement/449 sous TPI) en Asie et en Afrique à partir de 6 essais cliniques publiés et 2 non publiés réalisés entre 2011 et 2017. Après examen et prise en compte des commentaires, une publication sera préparée pour soumission avant la fin de 2019.

Si vous souhaitez participer à ce groupe d'étude pour partager vos données ou suivre les résultats, consultez le groupe d’étude Pharmacocinétique de la pipéraquine pendant la grossesse et posez vos questions à Joel Tarning  en envoyant un courriel à joel [dot] tarning [at] wwarn [dot] org et Junjie Ding junjie [dot] ding [at] wwarn [dot] org